Le Groenland, qui fut découvert au printemps, vers la fin dudixième siècle, par des Norvégiens et des Islandais, tire le nom de Terreverte, que lui donnèrent ces voyageurs, de la verdure qu’ils avaienttrouvée sur ses bords ranimés par la belle saison. Cependant l’hiver y estcomme éternel par les rochers de glace que le froid entasse sur ses montagnes.Si ce pays n’est pas une île entre l’Europe et l’Amérique, c’est du moins làque finit l’une et que l’autre commence. Quoi qu’il en soit, le Groenland tientà notre hémisphère ; mais la nature y ferme, ce semble, par les rigueursdu climat, la communication qu’elle y avait ouverte entre les deux mondes. N’ysont-ils séparés que par un léger détroit ? On l’ignore jusqu’à présent.Mais ne fût-ce que pour décider cette question importante à résoudre, ondevrait voyager dans le pays dont on publie ici l’histoire ; peut-êtreouvrira-t-il la nouvelle route qu’on cherche pour mieux s’emparer de la terreentière.
