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Les coups tordus des services secrets français

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« C’est ne rien comprendre que d’accuser les services de renseignements de faire dans l’illégalité. Bien sûr qu’ils font dans l’illégalité. Ils ne font même que ça ! Parce que pour les actions légales, l’État a suffisamment de fonctionnaires, de diplomates, de militaires, de juges, de policiers... Si tous les États du monde entretiennent des services spéciaux, c’est pour pouvoir faire des opérations spéciales, c’est pour pouvoir s’affranchir de la légalité et des engagements internationaux ». Cette déclaration de l’ex-responsable de la DGSE, Alain Chouet, est très explicite ! Lorsqu’il surenchérit avec la révélation suivante : « Notre job était de présenter aux politiques la gamme complète des possibilités d’intervention, jusqu’à l’élimination physique si nécessaire », on comprend pourquoi la Ve République a pu être le terreau idéal des « coups tordus » effectués éventuellement par les services secrets français tels que DGSE, DRM, DPSD, DCRI (ex-DST et RG) et DNRED.

La « main rouge », constituée de policiers, d’anciens militaires et de voyous, était devenue la machine à tuer des services secrets français, le bras armé clandestin de l’État, destiné à éliminer toutes tentatives de contre-pouvoir.

L’auteur, officier de police des RG à la retraite, évoque dans ce livre quelques cas médiatisés qui se sont produits pendant sa carrière, en animant ses réflexions grâce à son expérience personnelle et en cherchant constamment à trouver une réponse rationnelle à toutes les questions qui demeurent, du fait de la « raison d’État » ou du « secret d’État », toujours sans solution vraisemblable à ce jour. D’Action Directe à l’affaire Merah, il aborde entre autres les suicides équivoques de François de Grossouvre, Robert Boulin, Akim Rouichi, André Rigault, puis les meurtres suspects du prince de Broglie, Mehdi Ben Barka, Stevan Markovic, François Duprat, Joseph Fontanet, Pierre Goldman, le pasteur Doucé, Jean-Pascal Couraud et enfin l’attentat de Merah.