La fiancée du violoniste

Emmanuel Bove (1898-1945)

"Le 7 mars 1932, en rentrant de Nice où il venait de passer quarante-huit heures afin d’éclaircir une affaire d’escroquerie, compliquée de dette de jeu, le commissaire Croiserel se rendit chez lui, 22, rue Boulard, pour embrasser sa femme et prendre quelque repos.

À trois heures de l’après-midi, il hélait un taxi et se faisait conduire à la police judiciaire. Après avoir serré de nombreuses mains, il gagna son bureau. Un volumineux courrier l’attendait. Il s’apprêtait à le dépouiller, lorsque François, le vieil appariteur, lui annonça qu’une dame demandait à lui parler.

– Comment est cette dame ? interrogea Croiserel en allumant une cigarette et en clignant des yeux, soit pour éviter la fumée, soit par malice.

– Non, Monsieur le Commissaire... elle n’est pas jolie.

– Je t’en prie... ne fais pas d’esprit... Qu’elle entre !

Quelques instants plus tard, une femme pouvant avoir une quarantaine d’années, vêtue simplement, une cloche de feutre sombre dissimulant à demi son regard, pénétrait dans le bureau.

– Asseyez-vous, madame.

La visiteuse, intimidée, avisant une chaise contre un mur, se dirigea vers elle.

– Non, dans ce fauteuil, en face de moi.

Elle revint sur ses pas avec cet air peureux des enfants qui s’approchent d’un chien..."

Marie-Louise Favrin a disparu ; sa soeur fait part de son inquiétude au commissaire Croiserel. Le policier ouvre aussitôt l'enquête...

À propos de ce livre

Emmanuel Bove (1898-1945)

"Le 7 mars 1932, en rentrant de Nice où il venait de passer quarante-huit heures afin d’éclaircir une affaire d’escroquerie, compliquée de dette de jeu, le commissaire Croiserel se rendit chez lui, 22, rue Boulard, pour embrasser sa femme et prendre quelque repos.

À trois heures de l’après-midi, il hélait un taxi et se faisait conduire à la police judiciaire. Après avoir serré de nombreuses mains, il gagna son bureau. Un volumineux courrier l’attendait. Il s’apprêtait à le dépouiller, lorsque François, le vieil appariteur, lui annonça qu’une dame demandait à lui parler.

– Comment est cette dame ? interrogea Croiserel en allumant une cigarette et en clignant des yeux, soit pour éviter la fumée, soit par malice.

– Non, Monsieur le Commissaire... elle n’est pas jolie.

– Je t’en prie... ne fais pas d’esprit... Qu’elle entre !

Quelques instants plus tard, une femme pouvant avoir une quarantaine d’années, vêtue simplement, une cloche de feutre sombre dissimulant à demi son regard, pénétrait dans le bureau.

– Asseyez-vous, madame.

La visiteuse, intimidée, avisant une chaise contre un mur, se dirigea vers elle.

– Non, dans ce fauteuil, en face de moi.

Elle revint sur ses pas avec cet air peureux des enfants qui s’approchent d’un chien..."

Marie-Louise Favrin a disparu ; sa soeur fait part de son inquiétude au commissaire Croiserel. Le policier ouvre aussitôt l'enquête...

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