La façon dont notre société traite les Juifs témoigne de son degré de civilisation, parmi d'autres éléments bien entendu.
Ce qui s'est passé sous le régime de Vichy est tout à fait abominable.
Beaucoup a été dit mais tout n'a pas encore été dit. Les historiens continuent de travailler et il faut les encourager pour que ça serve. « Ce qui est arrivé peut recommencer » a dit Primo Levi .
Nous avons ouvert, sur cet itinéraire de mémoire, le cas de Jérôme Carcopino qui a appliqué les lois d'exclusion des Juifs, notamment dans son secrétariat d'Etat entre le 24 février 1941 et le 18 avril 1942.
Il a rédigé ses Souvenirs avec une complaisance certaine sur son rôle dans ce domaine et cela a longtemps tenu lieu d'histoire. Grâce à des historiens, une autre vérité a émergé.
Nous devons ici penser aux victimes de l'épuration, par certains côtés tout à fait excessive, conduite par Jérôme Carcopino. Au-delà du devoir mémoriel présidentiel, courageux et décisif (Chirac), souvent trop timide ou trop expéditif ou même presque négationniste, trop longtemps limité à un oubli dit « nécessaire » (Pompidou, Giscard, Mitterrand) ou au silence, totalement scandaleux, il doit y avoir une place aussi pour la demande mémorielle de pardon par la descendance ou la parenté.












